Dans le cadre des États généraux de la bioéthique, l'EREGIN organise, mercredi 1er avril 2026, à la clinique Wataki de Saint-Martin, un débat public sur le don d'organes. L’objectif : informer, éclairer et ouvrir la discussion sur les enjeux éthiques de ce sujet sensible.
Pour cette nouvelle édition des États généraux de la bioéthique (EGB), la Guadeloupe a choisi de faire du don d’organes le thème principal de ses rencontres locales. Entre inquiétudes, idées reçues et méconnaissance du dispositif, ce sujet soulève de nombreuses questions éthiques et sociétales, liées à la solidarité entre les patients, aux valeurs culturelles et religieuses, ou encore à la perception de la mort dans la société.
Pour y répondre, l’espace de réflexion éthique de la Guadeloupe et des îles du Nord (EREGIN) organise mercredi 1er avril 2026, à la clinique Wataki à Saint-Martin, à 17 h 30, une rencontre ouverte au grand public et aux professionnels de santé.
Pour rappel, les EGB constituent un temps national de consultation et de réflexion destiné à nourrir le débat public sur les grandes questions liées aux progrès de la médecine et des sciences du vivant. Dans chaque territoire, ces échanges sont déclinés par les espaces de réflexion éthique à travers des rencontres, débats et ateliers ouverts au public.

Dre Pascale Piednoir
Médecin anesthésiste-réanimateur au CHU de la Guadeloupe
« Déconstruire certaines idées reçues »
À Saint-Martin, l’événement réunira plusieurs intervenants, dont la Dre Pascale Piednoir, médecin anesthésiste-réanimateur au CHU de la Guadeloupe, impliquée dans le réseau Antilles-Guyane pour le don et la greffe d’organes auprès de l’agence de biomédecine. Seront également présents le Dr Roland Lawson, médecin coordinateur du prélèvement d’organes au CHUG, la Dre Corinne Sainte-Luce, directrice adjointe de l’EREGIN et Mme Cinna Labeth, cadre de santé au centre hospitalier Louis Constant Flemming (Saint-Martin) et membre du comité d’éthique du centre hospitalier.
Selon Dre Piednoir, retenir la thématique du don d’organes en Guadeloupe représente « une grande chance » pour mieux informer et susciter le débat. Cette rencontre à Saint-Martin est, selon elle, une initiative pertinente « pour davantage faire connaître l’organisation du don d’organes aux Antilles-Guyane », encore peu connue du public, et où seule la greffe rénale est pratiquée au CHUG. À ce jour, environ 250 patients de la région sont inscrits sur la liste d’attente en Guadeloupe.
La rencontre permettra également de déconstruire certaines idées reçues : absence de limite d’âge, respect du corps, anonymat du don ou encore principe de solidarité territoriale. Les organes prélevés bénéficiant, en priorité, aux patients des Antilles-Guyane.
Au-delà de l’information médicale, les échanges aborderont aussi les enjeux éthiques liés au consentement présumé, aux relations avec les proches ou encore à l’équité d’accès aux soins pour les patients ultramarins. L’enjeu, selon Dre Piednoir, est avant tout de « libérer la parole » sur un sujet souvent tabou et d’encourager le dialogue autour de cette question.
