Dans le domaine de la santé mentale, le respect de l’autonomie des patients doit souvent être mis en balance avec la nécessité de les protéger. Le questionnement éthique est un moyen, pour les professionnels, de trouver cet équilibre.
L’accompagnement des personnes en souffrance psychique soulève des questions éthiques importantes au regard du respect de la dignité des personnes, entre bienfaisance, non-malfaisance et liberté.
Le principal défi, pour les professionnels de santé, est de trouver l’équilibre entre la nécessité de protéger les patients tout en respectant leur autonomie et leur libre-arbitre. Par exemple : un patient refuse un traitement qui pourrait l’aider. Respecter son choix peut entrer en conflit avec le devoir de protéger sa santé. Soignants et accompagnants doivent aussi s’interroger sur l’intensité avec laquelle la souffrance psychique impacte le patient dans sa capacité à faire des choix pour lui-même.
Cette approche éthique est nécessaire dans le domaine de la psychiatrie, mais elle n’exclut pas tous les autres secteurs de la santé et du médico-social.
Une place prépondérante dans la santé globale
Il est donc plus que nécessaire que les professionnels de santé, quel que soit leur domaine d’exercice, soient sensibilisés à cette dimension de la détresse psychologique. Sans vouloir se substituer à un psychologue, psychiatre ou psychothérapeute, les praticiens de santé peuvent ainsi soigner l’accueil de ces patients et ne pas invalider ce qu’ils vivent. Ils sont habilités à les orienter au mieux et à prendre en considération leur fragilité mentale au moment du soin. Dans le cadre d’une approche globale de la santé, notamment d’une personne en situation de vulnérabilité, la santé mentale tient donc une place prépondérante. Il en va de la qualité de la prise en soins.
Davantage de personnels formés et sensibilisés diminuera donc, à terme, les difficultés d’accès aux soins, les retards de prise en charge et les pertes de chance.
Sur ce point, la Guadeloupe a pris les devants. De novembre 2023 à janvier 2024, des professionnels du médico-psycho-social ont ainsi bénéficié d’une formation intense sur le thème de la santé mentale dans la relation d’aide et de soins. Le volet éthique de ce programme a été confié à l’Espace de réflexion éthique de Guadeloupe et des Îles du Nord (EREGIN).
Dispensée par Promotion Santé Guadeloupe Saint-Martin, Saint-Barthélemy (anciennement IREPS), son ambition était d’améliorer l’accompagnement des personnes en souffrance psychique, dans leur parcours de vie et de soins.
L’éthique en santé mentale repose ainsi sur un équilibre délicat entre la protection des patients et le respect de leur liberté. Les professionnels doivent donc naviguer entre ces impératifs avec sensibilité et discernement, en reconnaissant la dignité et les droits de chaque individu.